Communiqué de presse : Samatan 2013

manifestation à Samatan

contre le gavage
dimanche 24 novembre (10 h devant la halle au gras)
en réponse à une opération commerciale de la filière foie gras

La menace agro-alimentaire

À l’heure ou la crise de l’agro-alimentaire réveille les Bonnets rouges en Bretagne, nous mettons en garde contre l’ap­parition de phénomènes similaires ailleurs et notamment chez nous en terre occitane. En effet, aujourd’hui, les Bretons payent cher le prix du choix de développement assis sur l’éle­vage productiviste. Ici aussi, où tant de paysans dépendent de la filière foie gras notamment, un scénario catastrophe semblable est possible. Notre époque est pourtant celle d’attentes alimentaires au niveau planétaire qui devraient nous encourager à développer sans tarder des solutions de substitution à l’alimen­tation carnée, si critiquée à la fois du point de vue de la faim dans le monde, qu’environ­ne­mental, sanitaire, ou bien entendu, à cause de la souffrance infligée aux milliards de victimes animales qu’elle génère. La volonté des politiques publiques de « développer les productions animales », comme le déclare François Hollande lui-même, ne fait que fragiliser l’emploi agricole car tôt au tard, c’est la production de protéines végétales qui prendra le dessus et le déclin les filières animales est inéluctable.

La tradition a bon dos

Pour son prestige gastronomique et ses intérêts économiques, les gouvernements français successifs ont fait le choix de systématiser et d’indus­trialiser la pratique du gavage en vue de produire du foie gras. Certes, les ingénieurs agronomes n’ont pas inventé ex nihilo cette méthode d’alimen­ta­tion forcée particuliè­rement cruelle : l’habitude d’engraisser quelques oies était déjà pratiquée de longue date, dans l’Ouest occitan notamment. À ce propos, dans la société traditionnelle, le gavage n’avait pas tant pour but de produire des foies hypertrophiés en masse que de fournir un corps gras pour les besoins de la cuisine dans des régions où les oliviers ne poussent pas et où la culture du beurre n’est pas implantée. Quoi qu’il en soit, l’indus­triali­sation a fait prendre des dimensions monstru­euses au phénomène –82 700 000 oiseaux victimes par an– qui n’a désormais plus rien à voir avec la tradition invoquée par les publicitaires.

Patrimoine : deux poids deux mesures

Comme pour la corrida, la France se pare derrière la défense de son patrimoine si particulier, si enraciné dans les terroirs, refusant d’appliquer la règlementation européenne en matière de bien-être animal. Mais parallèlement, elle s’exonère aussi de suivre les recommandations européennes justement en matière de protection des cultures en danger présentes sur son territoire et, par exemple, traîne les pieds depuis plus de vingt ans pour ratifier la Charte européenne des langues minoritaires et régionales. Les politiques publiques en France n’ont pas peur de la contradiction : d’un côté on maltraite des animaux au nom de la défense du patrimoine culturel, alors que de l’autre on opère un blocage institutionnel total en matière de sauvegarde des pratiques linguistiques et culturelles en danger de disparition et pourtant inoffensives. Néanmoins, qu’est-ce qui exprime mieux la personnalité profonde d’une population que sa langue propre ? Ah, si seulement l’occitan pouvait se vendre en barquettes dans les supermarchés, on nous en servirait dans toutes les pubs !

Dans l’ombre, les traditions culinaires végétales

Une autre contradiction est celle-ci : on promeut le foie gras et son gavage alors qu’on néglige totalement les plats et recettes –pourtant tout aussi traditionnels– à base de végétaux. Dans toutes ces boutiques parisiennes où l’on vend ces foies d’oiseaux stéatosés, qui connaît par exemple le milhàs ? Et par chez nous, qui cultive encore le maïs blanc si apprécié pour sa confection ? Nos campagnes sont riches d’une culture gastronomique végétale variée, mais elle a malheureusement été totalement délaissée à cause du coup de projecteur partisan sur quelques produits animaux érigés en vedettes comme le foie gras. Il est temps de remettre à l’hon­neur ce patrimoine oublié dont notre époque a tellement besoin.

Des oiseaux et des travailleurs soulagés

L’enjeu est multiple car reconvertir l’agriculture en se détournant des productions animales industrielles, c’est garantir un travail plus gratifiant et des emplois plus nombreux pour les populations locales, en plus de réduire les nuisances environnementales et surtout de mettre fin aux intenses souffrances endurées par les innombrables victimes animales.

Déjà autrefois –nos grand-mères nous le racontent– le gavage c’était la corvée. Mais aujourd’hui plus que jamais, cela ressemble à un film d’horreur. En effet, qui a envie de passer sa vie à introduire un tube de métal de plus de vingt centimètres jusque dans le gésier d’oiseaux encagés et de leur injecter par pompe pneumatique une pâtée surdosée que les victimes tentent de régurgiter aussitôt pour simplement arriver à respirer ? Est-ce que cela donne l’impression au travailleur qui voit ainsi sa vie défiler que son rôle est utile à la société et qu’il fait du bien autour de lui?

Nous attaquer au gavage n’est donc pas faire du tort aux paysans piégés par le lobby de la filière. Proposer la reconversion est une exi­gence éthique pour les animaux qui en payent le prix fort, mais ce n’est pas sans bénéfices secondaires pour les travailleurs, car tout le monde aspire à gagner sa vie dignement.

Pour élever la condition des animaux, comme celle des paysans, le Collectif antispéciste SMT511 appellent à manifester le 24 novembre à Samatan à 10 heures, au cœur de la Gascogne où la filière foie gras compte redorer son blason par une opé­ration marketing.
Nous aussi, soyons là pour réclamer la fin du gavage et le choix de poli­tiques agricoles meilleures pour tout le monde.

===============

Plus d’info :

stop-gavage.com

Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s